Inforoutes de l'Ardèche Visite du 7 juillet 2000
Contexte et historique rapide
Equipement et prestations du SIVU.
Utilisation propre au SIVU.
Intervention dans les écoles et
collèges.
Les centres de communications.
Les inforoutes et les communes.
Conclusion et enseignements.
Présents :
- Robert
Loubières
- Denis
Marty
- Elisabeth
Terral
- Nathalie
Hamelin
- Christian
Bruhat
- Jean-Marie
Daudet
- Claude
Krouk
- Gérard
Lanoye
Contexte et historique rapide
Le projet a réellement démarré en 1996.
Auparavant, en 1994, un dossier avait été déposé
dans le cadre d'un appel à projets de la DATAR sur le thème des
autoroutes de l'information. Le SIVU est créé en 1995 par deux
communes. D'autres communes sont venus se joindre progressivement.
Ce projet a reçu le label "Projet
d'intérêt public" qui a l'avantage de permettre certaines
expérimentations sans risquer de suites judiciaires. C'est utile pour
toutes les activités du SIVU qui peuvent se trouver en concurrence avec
des entreprises commerciales. C'était le cas au départ des
prestations de fournisseur d'accès à internet.
Initialement le projet avait trois axes principaux :
- mettre en place des équipements
communs : par exemple, un serveur d'accès à internet, un serveur
de réunions téléphoniques, de visioconférence,
etc.
- équiper des lieux en
commençant par les écoles élémentaires, à
raison d'un ordinateur connecté sur internet par école quelque
soit le nombre de classes
- assurer
l'assistance technique et la formation à l'utilisation des outils mis en
place
Ces axes continuent à exister. Les
équipements communs mis en place évoluent en fonction des
technologies qui apparaissent et qui peuvent être utilisées sur le
territoire. Le SIVU a un rôle d'expérimentation.
Les communes qui adhèrent actuellement au SIVU sont au
nombre de 220 sur trois départements (330 communes au total dans le
département de l'Ardèche). Elles représentent 60% de la
population de l'Ardèche.
L'Ardèche est sur du côté ouest du couloir
rhodanien. Pour parcourir le département du nord au sud, il faut
traverser les vallées qui sont orientées ouest-est. Les routes
sont sinueuses. Les trajets en voiture prennent du temps. L'utilisation des
nouvelles technologies permet d'éviter des déplacements en
voiture.
Le projet des inforoutes de l'Ardèche a
été porté notamment par Jacques Dondoux, ancien directeur
général de l'administration des Télécommunications
qui est également Vice-président du Conseil général
de l'Ardèche et maire de Saint-Agrève.
Les financeurs du projet sont notamment France
Télécom et le Conseil Général. Actuellement, deux
programmes Leader sur le territoire du SIVU contribue au financement des
interventions. Les communes contribuent au financement à raison de 4 F
par habitant.
L'appui de France Télécom est
particulièrement important : près de la moitié du
financement total. Il se fait pour une part en mettant à disposition du
SIVU des techniciens.
Equipement et prestations du SIVU.
L'équipement du SIVU lui permet de remplir les
fonctions suivantes :
- serveur d'accès
internet
- hébergement de sites
internet
- listes de diffusion ou mailing
list
- pont de visioconférence
permettant de relier 8 accès actuellement avec un débit de 128
Kbits/s
- réunions
téléphoniques pour 16
personnes
- intranet avec des applications
d'agenda partagé (les autres prestations sont du même type
qu'internet)
- transmission
automatisée par fax, e-mail ou téléphone selon le
correspondant
- consultation des e-mail par
fax ou téléphone
Le SIVU a mis au point 11
modules de formation et peut réaliser des formations à la demande
en créant des modules spécifiques.
L'équipe comprend 12 personnes. Trois sont mis à
disposition par France Télécom. Elles assurent les fonctions
techniques, l'assistance aux utilisateurs, l'assistance et la coordination des
centres de communication, la réalisation de pages ou de sites
web.
Le SIVU investit régulièrement dans de nouveaux
outils pour les mettre à disposition de ceux qui en ont besoin. C'est le
cas actuellement pour les systèmes d'informations géographiques
(SIG) utiles aux communes.
Les interventions peuvent être gratuites ou payantes
selon les personnes physiques ou morales concernées. Elles se font
principalement vers le secteur public et vers les particuliers. Elles peuvent
être faites occasionnellement pour les entreprises, elles sont peu
fréquentes même si quelques unes ont profité de
l'opportunité pour progresser dans la maîtrise et l'utilisation de
ces technologies.
Un changement de structure juridique et de statut est
actuellement à l'étude, certaines des activités
étant maintenant nettement dans le secteur concurrentiel. C'est le cas en
particulier pour les entreprises : l'offre du SIVU, appelée "pack
entreprise", consiste en un contrat de 6 mois renouvelable une fois pour 6 mois
afin de correspondre à ses missions.
Utilisation propre au SIVU.
Le SIVU utilise ces technologies pour ses besoins propres, et
pour ses relations avec les centres de communication. Les outils les plus
utilisés sont :
- l'agenda électronique, notamment
pour pouvoir proposer des dates de réunion, il faut pour cela que chaque
personne concernée utilise effectivement cet
outil
- les réunions
téléphoniques, elles remplacent pour une large part les
réunions classiques
- les mailing
lists : il y en a plusieurs
La visioconférence est
également utilisée de temps en temps pour des réunions
internes.
Intervention dans les écoles et collèges.
Le projet d'inforoutes de l'Ardèche a été
élaboré au départ avec l'inspection d'Académie. Les
premières années, les instituteurs ont reçu une formation
pédagogique à l'utilisation de ces outils. Cette formation n'est
plus dispensée.
Le rôle du SIVU est, pour les écoles des communes
adhérentes :
- fournir un équipement par
école avec un écran 17 pouces, une
imprimante
- fournir une connexion internet
gratuite et des possibilités d'hébergement de
site
- former les instituteurs et
professeurs
La formation faite par le SIVU est technique
(informatique et internet), elle ne remplace pas la formation pédagogique
faite en 1996 et 1997. La mise en place a été très
progressive, elle a été plus rapide ces deux dernières
années sur l'impulsion des maîtres qui ont contribué
à faire adhérer les communes.
Une douzaine d'écoles sont également
équipées pour la visioconférence. Cet équipement a
été voulu par l'inspecteur d'Académie de l'époque,
il est nettement plus coûteux (100 à 120 KF contre 11 à 13
KF pour le micro-ordinateur).
L'utilisation de ces équipements est très
différente selon les écoles : bureautique et logiciels
éducatifs sans connexion (off-line), connexion utilisée
principalement par le professeur, recours fréquent à l'utilisation
d'internet par les élèves, réalisation de sites,
etc.
L'utilisation de ces outils se heurte à la
réticence de certains maîtres : leur rôle change, les
élèves peuvent trouver les connaissances sur internet. Ils peuvent
être amenés à discuter les apports faits.
Les centres de communications.
L'objectif des centres de communication est de faciliter
l'accès du public aux nouvelles technologies de communication, de
conduire une animation dans ce but.
Quand une commune est d'accord pour ouvrir un centre de
communication, le SIVU fournit le matériel, assure l'assistance
technique, coordonne l'action. Les communes mettent à disposition des
centres de communication un local et un animateur qui est embauché dans
le cadre des emplois-jeunes.
Le centre de communication est parfois géré
directement par la commune ou par une intercommunalité (en particulier
dans le milieu rural), il peut l'être aussi par une association. Les
comportements sont différents selon le gestionnaire, les associations
sont plus préoccupées d'équilibrer leurs comptes : le
dynamisme est différent, parfois l'ouverture au public est
insuffisante.
Une douzaine de centres de communication ont un
équipement de visioconférence. Deux sont équipés de
pièces affectées aux visioconférences. Ils peuvent en
principe accueillir des entreprises qui souhaiteraient avoir par ce média
des relations avec leurs clients. Ces salles peuvent aussi servir à
d'autres groupes. Elles sont en fait peu utilisées en dehors des
applications propres aux inforoutes de l'Ardèche.
Il y a également quelques lieux communicants où
le public peut se connecter sur internet mais qui ne remplissent pas toutes les
fonctions d'un centre de communication.
Le SIVU anime le réseau des centres. Il va par exemple
organiser 3 ou 4 animations par an sur des thèmes comme l'emploi ou
l'eau. Pour l'emploi, il a créé un site portail et organisé
une visioconférence à laquelle 6 centres ont
participé.
Nous avons visité le centre de communication d'Annonay
(18 000 habitants). Il est situé dans un château qui accueille
également une partie de l'équipe du SIVU. Son animateur est issu
de la cité voisine. Le centre est équipé d'une dizaine
d'ordinateur, d'un vidéo-projecteur et d'un tableau tactile. Ce
dispositif permet de projeter sur le tableau l'écran de l'ordinateur. En
touchant le tableau, l'effet est le même que si l'opérateur
cliquait avec la souris sur l'écran. Une salle est réservée
à la visioconférence. Quand nous sommes passés, l'animateur
(remplaçant) s'occupait d'un groupe de jeunes d'un centre de loisirs.
Quelques parents étaient présents. Ils sont souvent un peu avant
la fin de l'animation et en profitent pour s'initier eux aussi. A d'autres
moments, le centre de communication accueille les personnes en individuel. Elles
ne prennent pas rendez-vous. On leur fait payer 20 F par heure quand elles se
connectent, 10 F quand elles ne se connectent pas.
Nous avons également visité un centre
récemment ouvert (1 mois et demi) à Etables, un bourg rural de 500
habitants. Sa zone d'influence comprend environ 3 000 habitants. Il est
géré par le Comité de Pays de l'Ay au Doux. Cette
association gère aussi une Maison de Pays dans les mêmes locaux.
L'équipement comprend 5 ordinateurs, un vidéo-projecteur et un
tableau tactile. Il comprend aussi une photocopieuse. Le vidéo-projecteur
peut aussi être installé dans une salle d'une assez grande
contenance. Deux emplois-jeunes s'occupent de la Maison de Pays et du centre de
communication. L'accueil au centre de communication est pour l'essentiel
individuel. Si la fonction d'initiation à l'internet et aux nouvelles
technologies est assurée, il remplit aussi un rôle de centre de
services (saisie de documents, affiches, petite reprographie, etc.). Le
vidéo-projecteur est utilisé pour susciter des occasions de
rencontre et d'animation : la finale de la coupe d'Europe a été
projetée sur grand écran.
Le fonctionnement des centres de communication paraît
assez différent d'un lieu à l'autre. La qualité de ses
interventions est probablement inégale. Le SIVU s'est aperçu de
cette hétérogénéité, il a renforcé son
action de coordination et d'animation des centres. Il est en train
d'élaborer une charte des centres de communication pour préciser
le contenu des prestations et harmoniser les tarifs.
Les inforoutes et les communes.
Le SIVU est peu intervenu pour les communes dans les
premières années. Actuellement, un peu plus de 10% des communes
sont connectées.
A l'écoute de leurs besoins, il a exploré les
possibilités d'utilisation de ces technologies. Il a
réalisé un travail expérimental sur les SIG. Les cadastres
numérisées seront notamment mises sur un serveur. Les POS seront
digitalisés. Les données littérales sont également
entrées, ce qui permet d'avoir un cadastre à jour et de superposer
le POS.
Les autres possibilités d'utilisation par les communes
qui sont réalisées ou envisagées sont :
- déclarations
d'écobuage
- contrôle de
légalité des actes, mais le papier avec la signature reste
indispensable
- envoi de courriers
(convocations) par fax ou e-mail selon le
correspondant
- demande de fiche
d'état-civil par internet
- base de
données avec le Centre de Gestion du personnel
La
signature électronique permettra de simplifier. Dans le passé, les
facilités données pour utiliser ces technologies ont largement
dépendu des hommes, préfets ou sous-préfets.
Le SIVU a attendu de pouvoir proposer des applications utiles
et opérationnelles avant de commencer à sensibiliser et à
former les communes à ces technologies.
Il s'engage à réaliser une présentation
de chaque commune. Souvent, c'est l'Office de Tourisme qui profite de cette
possibilité. Le site des Inforoutes de l'Ardèche comprend
d'ailleurs une présentation assez complète des ressources
touristiques de la région.
Conclusion et enseignements.
Les Inforoutes de l'Ardèche ont
bénéficié de moyens importants dus à son
caractère pilote et à son partenariat avec France
Télécom. Une part de son activité consiste à
expérimenter de nouvelles applications et à les diffuser ensuite.
Cet aspect est difficilement reproductible. Certaines de ces applications sont
peu utilisées. C'est le cas par exemple des outils de
visioconférences par les corps médical.
En outre, la liaison avec le développement territorial ne paraît pas très forte.
Certaines conclusions sont cependant intéressantes dans
le cadre du Projet NTIC du Ségala :
- la diffusion des nouvelles technologies
se fait lentement
- elle dépend
largement de l'engagement de personnes clés, par exemple le préfet
dans les rapports avec
l'administration
- elle dépend
également de l'engagement des collectivités locales,
principalement des intercommunalités, notamment pour accéder aux
financements
- les actions de
sensibilisation, initiation et formation sont
indispensables
- il est important de
s'appuyer sur les écoles et les jeunes pour développer la
diffusion
- sur un territoire étendu,
un réseau de points d'accès à internet demande une
animation centrale
- il faut avoir des
applications pratiques, correspondant à leurs préoccupations,
à proposer à des acteurs avant de démarrer une action de
sensibilisation
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