Jean VAREILLES

CARMAUX des origines au XXe siècle

          L’histoire de Carmaux est mal connue. Petite communauté rurale d’un millier d’habitants jusqu’au début du XIXe siècle, elle devint, après l’invention de la machine à vapeur, grâce à la richesse de son sous-sol, une cité industrielle. Sa population augmenta alors rapidement et atteignit 10 000 habitants en 1900.
          Les ouvrages du Baron G. Pierre de Bernis, de Louis Calmels, de Rolande Trempé, de Patrick Trouche et de Joan Wallach Scott retracent remarquablement le développement et les crises des Mines de Carmaux et de la Verrerie Sainte-Clotilde. Mais, à part celui de Louis Calmels, aujourd’hui vieilli, ils ne donnent que peu de détails sur la commune de Carmaux et de ses habitants ni sur la façon dont les Carmausins ont vécu, subi ou réagi aux grands bouleversements politiques, économiques, sociaux et culturels qu’ont connu, au cours des siècles, d’abord le Languedoc et puis notre pays de France. C’est cette lacune que nous avons essayé de combler.
          Nous espérons que Carmaux des origines au XXe siècle intéressera tous les lecteurs, particulièrement ceux qui sont nés à Carmaux ou qui y vivent, et les jeunes, et qu’ainsi, connaissant mieux leur ville et son passé, ils ne s’y attacheront que davantage.

 
ISBN 2 85927 061 2

 Jacques Castagné

Louis Fieu

maire de Carmaux dans la Résistance

1939 - 1945
Carmaux - Louis Fieu
          "Louis FIEU (1879-1973) fréquente l’école jusqu’à douze ans puis entre à la mairie de Carmaux. Auxiliaire à l’octroi, puis rédacteur et enfin chef de bureau, il se lance dans l’action politique et sociale dans le sillage de Jaurès dont il est le secrétaire.
          Premier adjoint de Jean-Baptiste Calvignac, puis maire et député, il reste à la tête de la municipalité de Carmaux après la défaite de 1940. Accusé de Maréchalisme et exclu du parti socialiste à la Libération, il se tient jusqu’à sa mort et - malgré sa réintégration en 1950 - à l’écart de toute vie politique.
          Jacques CASTAGNÉ, vérifiant et recoupant avec d’autres témoignages, situe et commente un document capital pour l’histoire du Carmausin pendant la Seconde guerre mondiale, et essentiel pour la compréhension de l’époque, le procès-verbal de la délibération du 30 décembre 1943, montrant que c’est uniquement à la demande expresse et unanime de tout le Conseil municipal, du Syndicat des mineurs, de la Section socialiste et de toutes les organisations représentées, que Louis Fieu s’est maintenu à la tête de la mairie.
         Préfacé par sa petite-fille, Dany Fieu, et introduit par Robert Fabre, cet essai d’une histoire sans fard fait la lumière sur cette période trouble et dépasse le local. Au-delà de l’histoire "officielle", c’est un Louis Fieu intègre et résistant qu'il nous restitue, pleinement démocrate et respectueux de la discipline de son parti, et qui a bien mérité de la ville de Carmaux." ...
ISBN 2-85927-073-6
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Socialistes à Carmaux

durant la Seconde Guerre Mondiale


Dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale,
en particulier pour le Tarn, les zones d'ombres commencent à s'éclairer.


          L'étude de Jacques Castagné apporte réellement des éléments nouveaux. S'il cherche à réhabiliter Louis Fieu, député maire de Carmaux, resté maire sous Vichy et écarté à la Libération, il met en lumière les difficultés du milieu socialiste carmausin à affronter les réalités de la guerre. Dépositaire depuis 1963 d'un document que lui a confié Louis Fieu (lui-même disparu en 1973), il le publie aujourd'hui, soit trente-cinq ans après (trente ans après la mort de Fieu). L'intérêt du manuscrit est exceptionnel. Il s'agit du procès verbal d'une réunion des principaux responsables syndicaux et socialistes de Carmaux, le 30 décembre 1943.
          Comment expliquer une rétention aussi longue? C'est que le Parti Socialiste sort régénéré de la guerre, par sa participation à la Résistance et que le document en question, justifiant la permanence de la S.F.I.O., au coeur des institutions de Vichy, pouvait apparaître inutile et gênant, pour la nouvelle image du parti. L'auteur a été le confident du vieil homme, abandonné par ses amis politiques.
          Envisagé depuis les années 1930, le parcours de Louis Fieu n'est pas le seul du genre, chez les socialistes. Dans le milieu carmausin, épicentre de la Résistance tarnaise (la ville fut la première libérée du département), il étonne quelque peu.
          Qu'en est-il de la Résistance de Fieu, alors qu'il reste maire, sous Vichy et l'occupation allemande. À Carmaux, la Résistance est plurielle, à l'intérieur même du camp socialiste. Elle se double d'une forte rivalité avec les communistes. Chez les socialistes, les divisions sont réelles ; les oppositions de personnes les accentuent. Le Parti socialiste a joué les deux cartes, celle de la participation aux institutions de Vichy et celle de la Résistance. Parfois, les mêmes hommes ont joué les deux parties.
          Le document confié à Jacques Castagné, publié aujourd'hui, énumère la « résistance administrative » de la municipalité socialiste. C'est l'abandon par ses amis, qui explique l'amertume du vieil homme, après la guerre. À Carmaux, à la Libération, Fieu écarté, les socialistes gardaient le pouvoir, que leur disputaient les communistes. Une page se tournait, mais l'histoire socialiste continuait, dans la cité de Jaurès.
Robert Fabre, mars 1998.
Extraits de l'Introduction.


 Fiche Technique : 
collection “Reprim” n° 10. Format 17/24 cm, 
15 photos et fac-similés, couverture couleur.


    ISBN 2-85927-073-6.